La santé mentale au travail est devenue un sujet incontournable, mais reste encore largement entourée d’idées reçues, de fausses croyances et de stéréotypes. Ces préjugés freinent la prévention, empêchent les salariés d’oser parler de leurs difficultés et réduisent l’efficacité des actions mises en place par les entreprises.
En tant qu’organisme de formation et partenaire Santé et Sécurité au travail, Préventea accompagne de nombreuses organisations confrontées à des problématiques liées au stress, au burn-out, aux conflits, à la surcharge psychique ou encore aux tensions organisationnelles.
D’expérience, nous constatons que les idées reçues constituent l’un des premiers obstacles à lever pour pouvoir engager une démarche de prévention réellement efficace.
Dans cet article, nous vous proposons de déconstruire les principaux préjugés liés à la santé mentale au travail, pour mieux comprendre les enjeux, agir plus efficacement et favoriser une culture de bien-être durable.
Comprendre les enjeux réels de la santé mentale au travail
Pourquoi la santé mentale au travail est-elle encore taboue ?
La santé mentale au travail touche à l’intime, à l’émotionnel, à la vulnérabilité. Dans un contexte professionnel souvent dominé par la performance, la maîtrise, la productivité ou la rapidité, admettre une fragilité peut être perçu comme un signe de faiblesse.
Pourtant, personne n’est à l’abri d’une difficulté psychologique.
Le tabou persiste pour plusieurs raisons :
- La peur d’être jugé, stigmatisé ou moins bien considéré.
- La crainte que cela impacte la carrière ou l’image professionnelle.
- Le manque de formation des managers sur ces sujets.
- La confusion fréquente entre « santé mentale » et « maladie mentale ».
- Le poids culturel : “au travail, on ne parle pas de ce qui ne va pas”.
Lever ce tabou est indispensable pour permettre aux salariés de s’exprimer et aux entreprises d’agir.
Les risques psychosociaux : une réalité qui concerne toutes les entreprises
Certains pensent que la santé mentale au travail ne concerne que les grandes entreprises, les métiers à forte pression ou les environnements très stressants.
C’est faux.
Les risques psychosociaux peuvent toucher :
- les PME,
- les associations,
- les collectivités,
- les startups,
- les environnements industriels, techniques ou tertiaires.
Ils peuvent prendre différentes formes : stress chronique, surcharge, manque d’autonomie, conflits, incivilités, isolement, perte de sens, management inadapté…
Déconstruire ces croyances permet aux entreprises de mieux comprendre leurs enjeux et d’adapter leurs actions de prévention.
Déconstruire les idées reçues pour mieux aborder la santé mentale au travail
« La santé mentale au travail, c’est une affaire personnelle »
C’est l’une des idées reçues les plus fréquentes.
Beaucoup pensent encore que la santé mentale au travail dépend uniquement de la vie personnelle ou du caractère des salariés.
C’est inexact.
Certes, chacun possède son histoire, son vécu et sa sensibilité, mais le contexte professionnel joue un rôle déterminant dans l’équilibre psychologique :
- organisation du travail,
- charge de travail,
- qualité du management,
- reconnaissance,
- ambiance d’équipe,
- ressources disponibles,
- conflits non résolus…
Les employeurs ont des obligations légales et doivent protéger la santé physique et mentale de leurs salariés.
Chez Préventea, nous insistons toujours sur cette dimension collective : la prévention n’est jamais une démarche individuelle.
« Parler de santé mentale au travail va affaiblir l’équipe »
Autre idée reçue : ouvrir ces sujets pourrait fragiliser les collaborateurs, créer de la plainte ou baisser la performance.
C’est l’inverse qui se produit.
Lorsque les salariés peuvent s’exprimer :
- les tensions diminuent,
- les incompréhensions s’apaisent,
- les signaux faibles sont repérés plus tôt,
- la cohésion se renforce,
- la confiance manager/collaborateur augmente,
- les arrêts de travail diminuent.
Le silence fait plus de dégâts que la parole.
Une entreprise qui prend en compte la santé mentale au travail renforce sa performance globale.
Comprendre les mécanismes profonds de la santé mentale au travail
« Les salariés en difficulté manquent de volonté »
Ce préjugé crée une grande souffrance.
Un collaborateur en situation de mal-être n’est pas un salarié “fragile” ou “pas motivé”. Il peut s’agir :
- d’une surcharge de travail chronique,
- d’une situation stressante non résolue,
- d’un manque de reconnaissance,
- de tensions managériales,
- d’une perte de sens,
- d’un épuisement émotionnel.
Les risques psychosociaux sont rarement liés à la personnalité : ce sont souvent des dysfonctionnements organisationnels.
Préventea accompagne de nombreux salariés qui, loin d’être démotivés, sont au contraire trop investis, au point de s’épuiser.
Le mythe du salarié “qui ne tient pas la pression” doit être déconstruit pour favoriser une démarche de prévention juste et efficace.
« On ne peut rien faire pour améliorer la santé mentale au travail »
Faux.
Des leviers concrets existent, simples et accessibles à toutes les structures :
- renforcer le dialogue et l’écoute active,
- clarifier les rôles et responsabilités,
- améliorer la charge de travail,
- former les managers,
- instaurer des rituels de régulation,
- prévenir les conflits,
- accompagner les situations individuelles,
- revoir l’organisation,
- favoriser l’équilibre vie pro / vie perso.
Les solutions existent, mais doivent être adaptées à chaque contexte.
C’est tout l’intérêt d’un accompagnement Préventea, basé sur l’audit, l’observation terrain et le pilotage durable.
Vers une approche moderne et durable de la santé mentale au travail
Adopter une culture de prévention globale et positive
Pour dépasser les idées reçues, il faut inscrire la santé mentale au travail dans une démarche globale.
Cela signifie :
- considérer le bien-être au travail comme un enjeu stratégique,
- valoriser les compétences psychosociales,
- créer un cadre sécurisant pour parler des difficultés,
- responsabiliser les managers sur leur rôle,
- impliquer les équipes dans la co-construction des solutions.
La prévention n’est ni punitive ni anxiogène : elle est une dynamique d’amélioration continue, valorisante et motivante.
Former les managers et les collaborateurs pour lever les préjugés
Pour agir durablement, il est indispensable de former :
- les managers,
- les RH,
- les représentants du personnel,
- les équipes.
La formation permet de :
- comprendre les mécanismes psychologiques au travail,
- repérer les signaux faibles,
- adopter les bons comportements,
- éviter les maladresses,
- savoir intervenir sans s’improviser psychologue.
Préventea propose des formations de sensibilisation à la santé mentale au travail, adaptées au rôle de chacun.